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PHILOSOPHIE ET MANAGEMENT

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« L’oiseau construirait-il son nid s’il n’avait son instinct de confiance au monde ? » Gaston BACHELARD.

Face au marasme ambiant, SYMATOP a décidé de réagir !
En ces temps de fluctuations, ne se détourne-t-on pas des questions fondamentales, des valeurs essentielles ? L’être humain en proie à ses doutes, à ses imperfections, ses craintes, mais également animé par ses rêves, ses aspirations, ses victoires… Toutes ces contradictions qui reflètent la complexité et la richesse de l’individu nous portent à penser comme le philosophe Michel HENRY que « c’est la force des individus qui produit l’ensemble des déterminations économiques… » Et non l’inverse !

Pour la TopNews de février, nous avons souhaité aborder le thème de la philosophie et notamment lorsqu’elle s’applique au management.
Qu’est-ce que la philosophie ? Qu’apporte-t-elle au monde du travail ? Comment l’utiliser dans le contexte du management ?
Christian COMTE, coach et consultant, ancien professeur de philosophie, nous livre avec éloquence et ferveur son regard éclairé sur cette rencontre inattendue entre deux univers apparemment distincts.
Philosopher, est-ce apprendre à manager ?

N’hésitez pas à réagir sur les sujets que nous traitons en postant vos commentaires, remarques, témoignages… par mail ou par téléphone au 05 87 02 01 50.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre site Internet : www.symatop.com

Véronique Laguionie ©SYMATOP SAS

Pour consulter la TopNews correspondant à ce thème, cliquez ici


Philosopher, est-ce apprendre à manager ?

« Le monde dans lequel chacun vit dépend de la façon de le concevoir.  » Arthur SCHOPENHAUER

La complexité du monde contemporain, la multiplicité des idées, des acteurs, des temporalités, la pluralité et l’ambivalence des enjeux, des objectifs, la diversité des cultures et des personnalités… imposent aux entreprises de s’adapter en expérimentant des démarches nouvelles et en s’ouvrant à une vision du travail plus sensible et symbolique, teintée de souplesse et de discernement : le manager se doit aujourd’hui de porter un autre regard sur lui-même, sur les personnes et sur la société.
Sa mission consiste non seulement à organiser, gérer et faire travailler les hommes de l’entreprise, mais également à leur permettre de s’accomplir et de se dépasser individuellement et collectivement, à les guider dans une réflexion sur leurs pratiques, leurs métiers ...
Dans cette quête de sens, la philosophie apporte un souffle nouveau au monde du travail.
Mais qu’est-ce que la philosophie ? Comment l’appliquer en entreprise ? Ses concepts sont-ils compatibles avec ceux du management ? Le manager peut-il s’inspirer de la philosophie ?

Pour répondre à ces questions, nous allons nous pencher plus avant sur les origines et les définitions des termes « manager » et « philosophie. »

Le mot anglo-saxon « manager », issu de l’italien « maneggiare » signifiant « contrôler », a été influencé par le vieux français « manège » (faire tourner un cheval dans un manège) et "ménage" (gérer les affaires du ménage, avoir la responsabilité de quelque chose dont on n’est pas propriétaire.) Il faut également ajouter aux origines du mot la notion de ménagement (traiter quelqu’un avec ménagement, avec sagesse.) [1]
Le management consiste donc à organiser en tenant compte de la réalité, à gérer de manière rationnelle et mesurée des ressources humaines et des moyens financiers.
En France, ce vocable a évolué : si, auparavant, le management se définissait comme une approche essentiellement orientée sur les coûts, il évoque, aujourd’hui, une approche plus systémique et transversale qui vise aussi bien la productivité, que la synergie d’équipe.
Le facteur humain est devenu progressivement un thème essentiel de recherche pour le management.
Le terme de philosophie (littéralement « aimer la sagesse ») désigne une activité millénaire qui peut se concevoir comme « une réflexion visant une interprétation globale du monde et de l’existence humaine ou encore comme un questionnement. » Ses visées sont multiples : recherche de la vérité, du bien, du sens de la vie ou du bonheur. Ses champs d’étude sont infiniment vastes : logique, éthique, travail, culture, métaphysique, théorie de la connaissance…

Ainsi, ces définitions et les préoccupations actuelles de l’entreprise nous montrent que les frontières qui séparaient jusqu’alors le management de la philosophie deviennent de plus en plus ténues.
En effet, l’exigence de rentabilité et de performance, la compétitivité, les conflits interpersonnels, l’individualisation des tâches, la mise sous pression des salariés, la gestion des urgences …, génèrent une crise de sens et une crise de destinée. Après quoi court-on ? Pourquoi travaille-t-on ? Qu’est-ce que l’autorité ? Qu’est-ce que le profit ? Qu’est-ce que l’éthique et comment l’appliquer dans son métier ? À quoi sert l’entreprise ?
La philosophie peut s’avérer salutaire à une organisation pour construire du sens, redéfinir des valeurs, cibler les attentes et aspirations de chacun et permettre aux salariés, à la fois spectateurs et acteurs de cette course frénétique vers la rentabilité, de mieux vivre au travail.
La philosophie développe l’esprit critique des personnes, car elle consiste à s’étonner, questionner, douter, conceptualiser, raisonner, se départir des partis pris pour progresser et améliorer les relations humaines...
Philosophie et management participent à faire concorder la vision du monde de l’individu avec les valeurs de l’entreprise, lui permettant ainsi d’y trouver sa place.
Le manager qui philosophe est à l’écoute et s’interroge sur le sens du travail de chacun pour restituer au travailleur son statut d’humain. Il éclaire le chemin des hommes de l’entreprise en les poussant à analyser avec lucidité leurs forces et leurs faiblesses, leurs doutes et leurs croyances, à remettre en cause leurs certitudes...

Dans notre monde en proie au matérialisme et à l’hypertechnicité, la philosophie replace l’homme au coeur des préoccupations managériales et fustige le mythe de l’homme-machine, comme le préconisait Denis DIDEROT, « L’homme est le terme unique d’où il faut partir et auquel il faut tout ramener. »
Est-ce à dire que la philosophie apprend à l’homme à rester humain ?

Véronique Laguionie, Symatop ©SYMATOP SAS