LA CAPACITE DE CHANGEMENT

Pour faire écho à l’arrivée du printemps, nous allons aborder le thème du changement, et plus particulièrement, celui de la capacité de changement enfouie en chacun de nous, cette ressource innée et inéluctable que nous acceptons plus ou moins de cultiver.
Qu’est-ce qui entrave cette capacité de changement pourtant essentielle dans notre monde en constante mutation ? Qu’est-ce qui peut permettre de la faire émerger ?

Voici quelques-unes des interrogations auxquelles nous allons nous efforcer de répondre. À ce titre, nous avons demandé à M. Louis AUBOUIN de nous relater son expérience réussie d’une migration professionnelle hors norme.
Adepte du non-conformisme et de la prise de risque, pionnier du lobbying en France, il nous fait profiter de sa vision empiriquement éprouvée et nous fournit des pistes précieuses pour développer notre capacité de changement.
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bibliographie de LA CAPACITE DE CHANGEMENT

La capacité de changement

« Certains attendent que le temps change, d’autres le saisissent avec force et agissent. » DANTE

Changer du tout au tout pour donner une nouvelle dimension à sa vie professionnelle ou s’enfermer dans un confort mental ?
Se réinventer pour être plus compétitif ou se construire un mur de certitudes pour se sécuriser ?
Explorer de nouveaux horizons pour trouver un « ailleurs » meilleur ou ne pas vouloir bouleverser ses habitudes et ses croyances par peur de l’inconnu ?

Changement et prise de risque ou immobilisme et préjugés ?

Qui n’a pas été confronté un jour à ce dilemme … Ce lieu commun « on sait ce que l’on perd, mais on ne sait pas ce que l’on gagne ».

Faut-il s’affranchir des schémas de pensée pour être un précurseur ou bien s’enfermer dans des règles strictes pour échapper provisoirement à cette introspection ?

Il y a plusieurs formes de changement, mais celle qui nous intéresse ici concerne essentiellement l’individu : c’est-à-dire son aptitude à prendre des risques, à synthétiser, à anticiper, à se projeter, à laisser libre court à son imagination, à se montrer ouvert à la nouveauté, à être réactif dans son environnement…
Bref, à être doté de cette capacité de vision essentielle pour avoir une représentation perceptuelle claire et éclairée de toute navigation vers le futur.

Le cortex génère des idées, qui sont à la source du changement et de l’innovation : c’est donc l’homme qui fabrique les changements. Cependant, la décision de changer ou de ne pas changer vient du cerveau reptilien.
Le changement est générateur d’anxiété pour la plupart des individus dans la mesure où il implique une rupture, une perte des repères comportementaux, relationnels, temporels …
Il suppose une remise en cause profonde des croyances, habitudes, systèmes de valeur (normes, principes, mœurs, stéréotypes) qui définissent l’individu. Il est souvent perçu comme une forme de mort symbolique, dans la mesure où il commence par la fin d’un état et le survenir d’un autre, il clôture une étape dans la vie.
Il engendre des interrogations sur soi, son devenir, ses compétences…
Comme l’explique Bruno JARROSSON, dans Pourquoi c’est si dur de changer ?, « Aimer la vie n’est pas une expérience abstraite, aimer la vie, c’est aimer contempler ce paysage, c’est aimer cette promenade en forêt avec cette personne […] Bref, c’est aimer ces réalités charmantes qui ponctuent le temps et relèvent sa saveur […] Nous n’aimons donc pas a priori le changement, surtout quand ce changement est perte de ce que nous aimons […] Chaque fois que nous acceptons un changement, c’est pour conserver quelque chose de plus précieux. »
Il développe sa démonstration en nous expliquant que le changement, un changement réaliste et non pas idéologique, ne peut s’appuyer que sur la conservation et inversement : la conservation n’a de sens que si elle induit un changement, des projets… « Il faut changer l’entreprise pour la conserver, pour assurer sa pérennité. […] Mais si je veux conserver mon entreprise, c’est pour qu’elle puisse continuer à se développer, concevoir des produits, embaucher… Pour qu’elle puisse continuer à produire des changements dans ce monde… »

Cette dialectique du changement et de la conservation freine la capacité de projection individuelle ou collective, car pour accepter le changement et en faire évoluer la représentation, il faut lui donner du sens.
Dès lors, certains d’entre nous préfèrent se cacher derrière une rationalisation factice du chemin à parcourir pour minimiser de manière illusoire la part de risque et de surprise qui résulte de toute transformation.
D’autres, au contraire, parviennent à transformer leurs incertitudes en opportunités en tirant profit de leurs expériences antérieures, en anticipant les conséquences de leurs choix, en cultivant leur flexibilité et en faisant sans cesse évoluer leurs habitudes, leurs manières de penser et d’agir…
Grâce à cette capacité de vision, ils peuvent s’engager dans l’aventure de la mutation en ayant une image plus précise de leur destination.

Cependant, dans notre monde régi par l’urgence et en proie à de multiples bouleversements, tant au niveau des technologies, des institutions que des valeurs, la capacité de changement n’est plus un choix optionnel, mais une nécessité absolue. Les différentes mutations qui s’opèrent vont nous pousser à repenser notre vision du monde.
Dans notre ère de dérégulation et de rupture, où la machine et l’humain s’unissent pour réinventer le monde, pour briser les frontières matérielles, pour faciliter les échanges et l’interactivité, l’homme doit évoluer, sortir de son « cercle » pour ne pas se laisser dépasser. Il lui faut dégager les idées clés, être à l’affût des nouveautés, se laisser porter par son imagination et affirmer son originalité.
De même, l’entreprise ne peut plus seulement s’inscrire dans une logique de continuité : elle doit allier stratégie, créativité et inventivité pour participer à la course frénétique vers le futur et pouvoir construire notre monde de demain.
Comme le disait le philosophe grec Epictète : « N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites. Décide de vouloir ce qui arrive... »

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